La BCE laisse les marchés spéculer sur la nature d’un « quantitative easing »


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La BCE laisse les marchés spéculer sur la nature d’un « quantitative easing »

Les contours d’une intervention massive sur les marchés fait débat.
Jusqu’à 1.000 milliards d’euros par an contre une trop faible inflation.

Chacun spécule sur les contours d’un « quantitative easing » (QE) à venir, vaste programme de rachat d’actifs sur les marchés qui viserait à combattre la faible inflation en zone euro. Mario Draghi, président de la Banque centrale européenne (BCE), en a fait, jeudi dernier, un instrument au coeur de la politique monétaire. Or rien n’est couru d’avance et les annonces ne sauraient suivre avant quelques mois, estiment à l’unisson les économistes de banques et négociants interrogés sur les marchés.

Le vice-président de la BCE, Vitor Constancio, a calmé les attentes en signalant que la discussion sur les modalités du programme n’avait pas débuté. Et les « faucons » de l’institution ont émis des réserves. Jens Weidmann, président de la Bundesbank, voit la nécessité d’agir uniquement si un écart « important ou inquiétant » existe par rapport à l’objectif de stabilité des prix. Les chiffres d’inflation d’avril et de mai seront déterminants. « Il en résulte que l’insistance de Mario Draghi à mettre en avant l’unanimité du Conseil, quand il s’agit de stimuler l’économie avec des moyens non conventionnels, rend l’imminence d’un QE improbable », estime Christian Schulz, de Berenberg Bank.

Un QE pour quoi faire ? Des rachats d’instruments de dette publique ne répondraient pas au problème. Plusieurs gouverneurs de banque centrale ont affiché leur préférence pour des rachats d’obligations du secteur privé. Pour Ewald Nowotny, de la banque nationale d’Autriche, des rachats de titres adossés à des actifs, les ABS, seraient à même de combattre une inflation trop basse.

Simulations

Le problème identifié par Mario Draghi est que le marché de ces titres n’est pas assez profond. Il représentait, en 2013, en moyenne près de 5 % des 14.200 milliards d’euros d’actifs « BCE-compatibles », ces créances que les banques peuvent apporter en garantie contre un refinancement auprès de l’Eurosystème. La Commerzbank estime, néanmoins, que des rachats à partir de quelques dizaines de milliards d’euros d’ABS adossés à des prêts à des grandes et moyennes entreprises auront un effet sur la distribution de crédit, donc la hausse des prix.

La BCE va chercher à calibrer un QE pour qu’il ait un impact sur l’inflation. Des simulations seraient en cours, la presse évoquant 1.000 milliards d’euros rachetés par an sur les marchés, soit 80 milliards par mois. Impact attendu : entre 0,2 et 0,8 point d’inflation, la fourchette soulignant la difficulté de prévoir l’impact de l’exercice. « Le principal problème pour la BCE est de ne pas décevoir les marchés », estime Gilles Moec, chez Deutsche Bank. La solution « la plus élégante » serait d’annoncer, par avance, un QE basé sur des instruments émis par des acteurs privés, mais « sans le mettre effectivement en route », explique l’économiste. Une intervention verbale qui stimulerait les marchés comme lors de l’annonce du programme de rachat illimité et conditionné de dette publique (OMT). Pour le QE, l’effet sera d’autant plus grand, notamment sur le cours euro-dollar, que les rachats par la Fed auront diminué dans le même temps. ■

Correspondant à Francfort

Droit de reproduction et de diffusion réservé © Les Echos.fr 2013

Jean Séry
Eolen Groupe
Consultant – Juriste
Cash Management

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