Manuel Valls assume une ligne pro-entreprises


Un article des Echos

Lire également Les Echos depuis votre navigateur web : http://webapp.lesechos.fr
Consulter nos offres d’abonnement : http://abonnement.lesechos.fr

Manuel Valls assume une ligne pro-entreprises

Le redressement passera par les entreprises, dont les charges vont baisser. Les concessions à la gauche du PS sont minimes. Le déficit va déraper.

Le nouveau Premier ministre est un homme pressé. Pressé et, a-t-il voulu montrer mardi, déterminé. « Il ne faut pas perdre de temps ; il faut agir », a-t-il plaidé le matin, annonçant un collectif budgétaire « au début de l’été ». « Il faut aller à l’essentiel », a-t-il martelé, l’après-midi, dans sa déclaration de politique générale à l’Assemblée. Son discours, Manuel Valls l’a débité au pas de charge, sans lyrisme. Il n’a duré que trois quarts d’heure. Deux fois moins que celui de Jean-Marc Ayrault en juillet 2012, lorsque le premier chef de gouvernement de François Hollande avait promis d’« installer le changement dans la durée », faisant de la lenteur un gage de sérieux et de solidité. Depuis, l’absence de résultats tangibles et les municipales ont contraint l’exécutif à changer de braquet et à ouvrir « une nouvelle étape ». « La première chose que je dois aux Français, c’est l’efficacité », a lancé Manuel Valls.

Lire également :

Manuel Valls obtient la confiance de l’Assemblee Ce qu’il faut retenir du discours de politique generale de Manuel Valls

Ceux qui rêvaient, à gauche, après la déroute électorale du mois dernier d’un changement de ligne en ont été pour leurs frais. A la tribune, le Premier ministre a certes dit avoir « entendu » le message « très clair » des Français, leur « déception », leur « doute » et même leur « exaspération ». « Trop de souffrance, pas assez d’espérance, telle est la situation de la France », a-t-il d’emblée résumé, dressant un tableau très cru de l’état du pays et appelant à « regarder la réalité sans trembler ». Manière de se poser comme étant celui qui dit « la vérité ». Mais la réponse qu’il a donnée, c’est la nécessité d’accélérer, d’intensifier. Et pas d’infléchir. Le Premier ministre a séquencé le calendrier du « redressement » (en allant parfois au-delà du quinquennat) et assumé un discours très pro-entreprises. « Je le dis sans détour : nous avons besoin de nos entreprises, de toutes nos entreprises », a-t-il dit. « Entreprendre, créer, prendre des risques, embaucher : c’est cette démarche positive que je veux encourager parce qu’elle fait du bien à notre pays ».

Concret et offensif, il a dévoilé les contours du Pacte de responsabilité arrêtés en réalité par son prédécesseur : 10 milliards d’euros de baisse du coût du travail d’ici 2016, qui passera notamment par une suppression des charges pour l’employeur d’un salarié payé au SMIC au 1er janvier 2015. Il a aussi annoncé un abaissement du taux normal de l’impôt sur les sociétés à 28% d’ici 2020 avec une « première étape » en 2017. Il a confirmé la suppression en trois ans de la C3S (la contribution sociale de solidarité des sociétés) et promis la disparition de « dizaines de petites taxes complexes et à faible rendement ». Le « pacte de solidarité » est, en comparaison, plus modeste : 5 milliards à l’horizon 2017 d’allégements fiscaux et de baisse de cotisations acquittées par les salariés modestes.

Discours rassembleur

S’il est resté très flou sur la réduction du déficit public, confirmant que le retour à 3 % de PIB attendra, et les 50 milliards d’euros d’économies promis sur trois ans, Manuel Valls a proposé un big bang pour mettre fin au « mille-feuille territorial ». Avec, notamment, la suppression de moitié le nombre de régions en 2017 et celle à l’horizon 2021, des conseils départementaux. « Notre indépendance financière passe par des réformes de structures », a-t-il plaidé.

Il faudra attendre pour savoir si le chef du gouvernement a convaincu les Français lors de ce grand oral. Mais il a réussi hier un tour de force : être applaudi debout par la majorité sans lui avoir rien concédé de nouveau sur le fond et obtenir largement la confiance des députés. Sur la forme, il a multiplié les appels du pied, se disant « pour le sérieux budgétaire, pas pour l’austérité » (un message à Bruxelles), insistant sur l’impératif de « justice », promettant d’associer les élus socialistes aux décisions et faisant de la transition énergétique une « priorité ». Le Front de gauche n’a pas été oublié : « Je n’ai pas d’adversaire à gauche ».

Citant Jean Jaurès, Pierre Mendès France, Georges Clémenceau et le général de Gaulle, Manuel Valls s’est employé, au nom de « l’intérêt national », à tenir un discours rassembleur. « Rassembler, unir, apaiser, c’est ce que nous demande les Français », a-t-il insisté, évoquant les sujets de société (réforme pénale, famille, immigration, fin de vie) et s’engageant à « assouplir » la « bonne réforme » des rythmes scolaires . « Gouverner, ce n’est pas rechercher la victoire d’un camp sur un autre », a-t-il souligné. Presque un slogan de campagne. Presque « La France Unie » de François Mitterrand à la présidentielle de 1988.

Droit de reproduction et de diffusion réservé © Les Echos.fr 2013

Jean Séry
Eolen Groupe
Consultant – Juriste
Cash Management

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s