Cette nuit en Asie : la pollution chinoise provoque le ras-le-bol des Japonais


Un article des Echos

Lire également Les Echos depuis votre navigateur web : http://webapp.lesechos.fr
Consulter nos offres d’abonnement : http://abonnement.lesechos.fr

En Chine, l’environnement bientôt plus fort que la croissance ?

Si l’on en croit l’agence Reuters, qui cite une source anonyme dans les milieux universitaires mais bien informée sur le sujet, Pékin travaillerait activement à la refonte de sa loi sur la protection de l’environnement, qui date de 1989. D’ici quelques semaines, une nouvelle législation pourrait être présentée, dont le principal élément de nouveauté porterait sur l’importance accordée à la protection de l’environnement : celle-ci se verrait accorder une priorité supérieure au développement économique. Le ministère de l’Environnement verrait ses pouvoirs très nettement renforcés. Les autorités centrales auraient ainsi la possibilité de fermer telle ou telle usine polluante, en dépit de l’opposition éventuelle des autorités locales. Pékin mettrait ainsi un terme à son système dit de l’amende maximale, qui plafonnait jusqu’à présent les sanctions financières infligées aux pollueurs.

Ce mécanisme était extrêmement décrié chez les militants écologistes, car les amendes étaient faibles, et concrètement, elles permettaient, moyennant des coûts minimes, de continuer à polluer impunément. D’après Reuters, la nouvelle loi permettrait également aux ONG établies depuis cinq ans dans le pays d’attaquer en justice les pollueurs, une disposition qui a fait l’objet d’intenses tractations, car certains souhaitaient que seule une agence gouvernementale se voie attribuer cette prérogative. Il semble donc clair que la volonté de Pékin est de frapper fort et de se donner les moyens de sanctionner réellement les responsables de l’inquiétante dégradation écologique que subit actuellement la Chine. Il restera ensuite à vérifier que les nouveaux pouvoirs dont disposent les autorités centrales seront effectifs, et qu’aucun système de corruption ne permettra de court-circuiter la plupart des sanctions.

Nouveau signal sombre pour l’économie chinoise

En Chine, le crédit est à la baisse. Le chiffre qui additionne tous les types de crédits s’est situé à 2.070 milliards de yuans au mois de mars, selon la Banque centrale chinoise. Cela représente une diminution de 19% sur un an. Au cours du même mois, la masse monétaire en circulation, M2, n’a augmenté que de 12,1% sur un an. Ce dernier chiffre est inférieur aux anticipations de la grande majorité des analystes, et constitue la plus faible hausse observée depuis 2001. Ces deux indicateurs démontrent que le ralentissement économique en cours est assez prononcé, et que le pilotage du pays va s’en trouver complexifié dans les prochains mois. Certains économistes appellent désormais à un geste de la banque centrale, en particulier à un relâchement sur les réserves que doivent obligatoirement conserver les banques. Cela permettrait à ces dernières de prêter plus généreusement.

Mais Pékin est face à un sérieux dilemme, puisqu’il est clair aujourd’hui que c’est une activité de crédit excessive qui a mené la Chine au casse-tête financier qu’elle connaît aujourd’hui. Pékin se trouve donc obligé de démontrer sa volonté de réforme, tout en rassurant les milieux d’affaires sur le maintien d’une croissance économique correcte. Ce numéro d’équilibrisme oblige les autorités à manier le chaud et le froid, promettant des mesures de relance ciblées, avant d’assurer qu’il n’est pas question d’opter pour un stimulus d’envergure. La publication, demain matin, des chiffres du PIB pour le premier trimestre, pourrait constituer un nouveau test pour le gouvernement. Si le chiffre s’avère à nouveau décevant, comme le pensent la plupart des observateurs, les autorités vont devoir trouver le moyen de rassurer pour de bon sur la trajectoire économique du pays.

Séoul veut que le géants de la cigarette lui remboursent les soins contre le cancer

En Corée du Sud, le NHIS, le Service national de l’assurance maladie, met ses menaces à exécutions. Il a annoncé qu’il venait de lancer une procédure judiciaire devant un tribunal de Séoul pour contraindre plusieurs grands cigarettiers à lui rembourser le coût des traitements contre des cancers liés au tabagisme que l’institution a du payer, ces dernières années, à plus de 3.000 patients dans le pays. Si des particuliers avaient tenté, en vain, dans le passé de faire condamner des fabricants de cigarettes pour leur maladie, c’est la première fois qu’un organisme public du pays s’attaque aux multinationales Philip Morris International et à British American Tobacco, ainsi qu’au producteur local KT&G Corp. Au total, le NHIS réclamerait un dédommagement de 53,7 milliards de wons, soit 36 millions d’euros. Cette somme correspondrait aux soins remboursés par l’assureur public aux anciens fumeurs ayant été victimes d’un cancer des poumons ou du larynx entre 2003 et 2012. Si les montants, plutôt faibles, réclamés en Corée du Sud ne semblent pas affoler les géants du tabac, les analystes vont suivre avec intérêt la procédure judiciaire car elle pourrait inspirer d’autres organismes publics dans d’autres pays. ■

Droit de reproduction et de diffusion réservé © Les Echos.fr 2013

Jean Séry
Eolen Groupe
Consultant – Juriste
Cash Management

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s