Facebook veut se lancer dans le transfert d’argent


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Facebook veut se lancer dans le transfert d’argent

Le réseau social est en passe d’obtenir une autorisation de la banque centrale irlandaise pour développer un service de monnaie électronique. Celui-ci permettra aux utilisateurs d’échanger de l’argent dans toute l’Europe.

Après Vodafone, c’est au tour de Facebook de se lancer dans les services bancaires. Le réseau social ambitionne en effet d’émettre de la monnaie électronique et de permettre à ses utilisateurs d’échanger et de transférer de l’argent. Selon le « Financial Times », Facebook serait en passe d’obtenir une autorisation de la Banque centrale d’Irlande pour devenir un établissement de monnaie électronique. Celle-ci sera valide à travers toute l’Europe.

Le réseau social de Mark Zuckerberg serait également en discussions afin de conclure des partenariats avec des start-ups londoniennes spécialisées dans le transfert d’argent à l’international, révèle le quotidien britannique. Facebook aurait ainsi offert près de 10 millions de dollars à l’une d’entre elles, Azimo, pour engager l’un de ses co-fondateurs en tant que directeur du développement commercial.

Pour Facebook qui tire l’essentiel de son chiffre d’affaires de la publicité et des jeux-vidéos, il s’agit encore de diversifier ses sources de revenus. En 2013, 2,1 milliards de dollars de transactions ont transité par le réseau social, presque exclusivement via les jeux, selon des données de la SEC, le gendarme boursier américain. Facebook touche des commissions de 30 % sur ces paiements et celles-ci pèsent 10 % de ses revenus. De même, le réseau social pourrait prélever des commissions sur les transactions effectuées via sa plateforme de monnaie électronique.

Un marché bancaire déjà saturé en Europe

Reste que le marché des services bancaires en Europe et dans les pays développés est déjà saturé. Selon la Banque Mondiale, le taux de bancarisation atteint 98 % en Allemagne et 45 % en Roumanie, l’inclusion bancaire dans les pays de l’Est devant bientôt rattraper celle de l’Ouest. Google, qui a obtenu une licence de monnaie électronique au Royaume-Uni il y a trois ans, semble en tirer peu de revenu. Facebook pourrait également se heurter à un problème de confiance des consommateurs, alors que ceux-ci s’inquiètent de l’utilisation de leurs données personnelles sur le réseau social. Selon une étude menée par Ovum, seul 1 % des consommateurs pourraient faire confiance aux réseaux sociaux pour la gestion et le transfert de leur argent.

En revanche, Facebook pourrait profiter de ce nouveau service pour accroître sa présence dans les émergents, en visant une clientèle de migrants venus travailler en Europe. Selon la Banque Mondiale, ces transferts d’argent devraient atteindre 436 milliards de dollars. Parmi les pays destinataires, l’Inde – où Facebook indique avoir dépassé les 100 millions d’utilisateurs – figure en tête.

Avant de venir concurrencer les acteurs bancaires, Facebook devra toutefois obtenir l’aval des régulateurs. Pour obtenir l’autorisation de la banque centrale d’Irlande, le réseau social devrait disposer de 350 000 euros de fonds propres et isoler les fonds correspondant au montant de monnaie électronique qu’il émet. ■

Droit de reproduction et de diffusion réservé © Les Echos.fr 2013

Jean Séry
Eolen Groupe
Consultant – Juriste
Cash Management

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